Lundi 21 novembre 2005 1 21 /11 /Nov /2005 10:00

Contexte

Les préoccupations environnementales sont de plus en plus présentes dans le débat public. Ainsi la majorité de l'opinion publique et des politiques a pris conscience que les pollutions engendrées par l'activité humaine sont la cause des changements climatiques qui sont constatés aujourd'hui et qui pourraient s'aggraver à l'avenir si rien n'est fait.
Il faut donc agir : les politiques publiques ont ainsi créé des normes, des taxes, des marchés de droit à polluer, etc. Mais ces politiques sont encore loin de répondre aux enjeux des problèmes environnementaux et par ailleurs rende plus cher les biens produits, plus chers pour les consommateurs plus pauvres (qui dépensent une grande partie de leurs revenus dans des biens plus polluants alors que globalement ils polluent beaucoup moins que les plus riches puisque ceux-ci consomment beaucoup plus même s'ils font des efforts pour consommer "écolos"), et plus chers que des biens produits dans des pays moins à cheval sur les politiques environnementales (ce qui conduit donc les consommateurs à privilégier ces produits plus polluants mais moins chers.)
Même si le consommateur veut consommer "moins polluant", il ne sait pas comme le faire parce qu'il ne peut évaluer de lui-même l'impact environnemental des biens achetés. La multiplication des labels, les campagnes de sensibilisation sur certaines petites économies très particulières (comme couper l'eau quand on se brosse les dents, etc.) entraînent la confusion chez le consommateur. Elles ne permettent pas non plus d'engendrer des modes de consommations vertueux pour limiter les modes de production polluants.

Objectifs

L'objectif du dispositif présenté ci-après est d'aboutir à une régulation environnementale de l'environnement par la mise en place d'un système d'information qui permettra à l'acheteur de connaître par un indicateur unique l'impact écologique du bien ou service qu'il souhaite acheter.
Le principe est de mettre en place une comptabilité écologique agrégée, parallèle à la comptabilité monétaire, pour pouvoir comptabiliser les principales pollutions engendrées dans le processus de productions d'un bien ou d'un service et les agrégées au sein d'un indicateur unique.
L'objectif est aussi d'avoir un indicateur qui ne se confond pas avec le prix afin d'éviter des distorsions de concurrence (les entreprises qui ne se soumettent pas à une réglementation environnementale sont en effet avantagé dans ce cas) et un poids supplémentaire sur le pouvoir d'achat des plus pauves.

Des agences pour contrôler les atteintes à l'environnement

Il n'est possible de limiter l'activité humaine sur un environnement que si on sacralise cet environnement. Les tribus primitives qui ont pu perdurer à travers les siècles l'avaient compris et avaient établi des mécanismes sacrés afin de sensibiliser la tribu à la protection de l'environnement. Elles savaient que si les hommes portaient trop atteinte à la nature alors un jour la nature se retournerait contre eux et les anéantirait.
Les sociétés agricoles puis industrielles ont réussi à nier les limites de la nature car elles ont réussi à la dominer et à s'étendre autant qu'elles en avaient besoin pour maintenir leurs survie. Cependant la planète est finie et la population mondiale a depuis longtemps dépasser les seuils d'équilibre des écosystèmes planétaire. Nous sommes aujourd'hui entrer dans des périodes de déséquilibres (augmentation accélérée de la température globale, disparition exponentielle des espèces, etc.) et on ne constate pas encore un changement significatif de nos comportements qui permettra de limiter les pollutions globales et aider les écosystèmes à retrouver une position d'équilibre.
Néanmoins la recherche sur l'environnement a beaucoup avancé et peut à peu près évaluer ce que nous polluons et les seuils d'équilibre pour les écosystèmes. Même si les scientifiques ne peuvent pas affirmer qu'en réduisant de temps les pollutions de tant, on évitera un risque écologique majeur, il est néanmoins possible de se définir des seuils collectivement. Ainsi lors de colloques internationaux qui ont réunis ces scientifiques, les représentants des gouvernements mondiaux et la société civile, il a été possible de définir des niveaux souhaitable d'émission de gaz à effet de serre en 2050. Néanmoins personne ne sait aujourd'hui comment on pourra atteindre de tel seuil lorsqu'on constate l'évolution actuelle des émissions...
Mais si des seuils peuvent être définis collectivement, on peut chercher à les "sacraliser". Il est proposer ici d'instituer des agences environnementales responsables du suivi d'une pollution, par exemple des gaz à effet de serre à l'échelle globale, des pollutions de l'eau à l'échelle d'un bassin hydrologique, etc. de leur donner des missions qui viseront à permettre une régulation de l'économie pour l'orienter vers les seuils de pollutions définis collectivement. Il n'est cependant question de faire de ces agences des organismes de taxation des pollution mais plutôt des moyens de diffuser une information sur les pollutions émises sans influer directement sur les flux monétaires.

Mise en oeuvre d'une comptabilité environnementale dans les entreprises

La plupart des entreprises (et des organisations formelles en générale) disposent d'une comptabilité monétaire : elle enregistrent leurs charges (produit des quantités achetées par les coûts unitaires) d'un côté et leurs recettes (produit des quantités vendues par le prix de vente) de l'autre. En règle générale, le prix de vente est fixé par l'entreprise pour équilibrer ses charges par ses recettes et dégager un bénéfice (sauf si cette entreprise est contrainte par un objectif d'équilibre comptable.)
Certaines entreprises mettent aussi en oeuvre des comptabilités environnementales, c'est-à-dire essentiellement qu'elle mesure chacune des pollutions dues au processus de production : quantité de gaz polluants émis, pollutions rejetées dans l'eau, etc. Cependant, cette comptabilité ne donne pas d'information facile d'usage sur l'impact environnemental des quantités vendues pour la raison puisque les différentes mesures de pollutions enregistrées ne sont pas agrégeables. Il serait difficile pour un consommateur de s'y retrouver entre les émissions de gaz à effet de serre, les émissions de gaz locaux, les pollutions sur les nappes phréatiques, les rejets de déchets et leur recyclages, les pollutions des sols, etc.

Pour pouvoir décider, le consommateur ne peut pas juger sur des dizaines d'indicateurs. 2 ou 3 constituent le nombre maximum. Le prix en constitue un très important.
La science économique a de multiples propositions pour permettre une prise en compte des impacts environnementaux (les externalités) dans le prix monétaire. Mais l'objectif est ici de séparer complètement la constitution du prix et celle de l'indicateur environnemental.
L'idée serait donc de définir une mesure écologique qui permette de réaliser un tableau comptable où chaque pollution peut être inscrite comme quantité de pollution émise multipliées par la mesure écologique unitaire. De même un bien ou un service acheté devrait pouvoir avoir une mesure écologique unitaire qui pourraient être inscrite comme charge écologique par l'entreprise. En recette elle pourrait alors fixer le prix écologique des produits vendus afin d'équilibrer les charges écologiques par les recettes écologiques.
Dans ce schéma, les entreprises en amont des pollutions (celles qui brûlent une énergie thermique, qui rejette des polluants dans l'eau, etc.) doivent obtenir une mesure écologique de leur pollutions directes. Pour cela, elles pourraient obtenir des droits à polluer aux agences environnementales pré-citées. La mesure écologique étant fixée par ces organismes en fonction des objectifs de régulation qu'ils se sont définis.
A partir de ces mesures, il est donc possible d'imaginer la mise en place d'une comptabilité environnementale agrégée à l'intérieure d'une filière industrielle qui permettra en bout de chaîne d'afficher une mesure écologique du bien produit (équivalent à une agrégation des impacts mesurés par analyse du cycle de vie du produit).

Pourquoi un indicateur environnemental séparé du prix monétaire

La nouveauté du mécanisme décrit ici par rapport aux mécanismes issues des théories économiques classiques (qui ont notamment conduit au protocole de Kyoto avec la mise en place d'un marché de droit à polluer). La science économique propose des systèmes de réallocation qui permette de prendre en compte les externalités environnementales dans les échanges et donc d'amener soit le pollueur soit le pollué (suivant les mécanismes) à payer pour limiter la pollution.
Ces mécanismes ont plusieurs inconvénients d'un point de vue politique et social (voir en introduction) et ne s'applique pas forcément pas à des enjeux comme le changement climatique parce que la théorie économique se fonde sur des "dispositions à payer" et il est difficile d'estimer une disposition à payer des consommateurs pour éviter des pollutions qui auront un impact dans 50 ans ou plus...

Un indicateur écologique séparé du prix monétaire devrait avoir plusieurs vertus :
- donner une information plus sûre pour le consommateur qui pourra distinguer la valeur monétaire d'un produit (qui peut être associée à une valeur ajoutée plus élevée en partie pour rémunérer des salaires plus élevés) et l'impact environnemental (qui n'est pratiquement pas corrélée à la valeur du travail fourni dans la production puisqu'on ne juge pas que l'effort de travail humain soit polluant) ; - ce nouvel indicateur permettra d'engager une politique de décroissance (de la pollution environnementale) sans qu'elle faire de la "décroissance économique", qui serait sans doute source de nombreux mal sociaux (chômage, réduction des recettes publiques, etc.) ; - si cet indicateur est performant il sera possible d'obliger les consommateurs (au moins dans les pays riches) à comptabiliser leur impact environnemental pour l'ensemble de la consommation (par une carte à puce par exemple) et ensuite de les inciter à réduire leur impact total, voir les contraindre à le réduire en dessous d'un seuil égal pour tous ; - par contre, les consommateurs les plus pauvres n'ayant pas un impact environnemental très important (leur consommations étant plus faibles) ils devraient se situer en dessous du seuil moyen, et ne devraient donc pas être contraints.

Autres questions à développer

De nombreuses questions doivent être traitées pour justifier l'intérêt d'un tel mécanisme.
Il sera ainsi proposé de développer à la suite de cet article les points suivants :
Comment une organisation environnementale peut-elle définir cette mesure écologique ?
Comment une entreprise va définir le "prix" environnemental de ses produits ?
Si une entreprise veut mette en place cette comptabilité mais que l'un de ses sous-traitants ou fournisseurs ne le fait pas, comment pourra-t-elle obtenir une mesure écologique des biens et services achetés ?
Une comptabilité écologique est-elle possible et acceptable pour toute organisation, notamment les petites entreprises, les petits commerces, etc. ?
Comment se traduit la comptabilité écologique pour une organisation (notamment pour une collectivité publique) lorsque une partie de ses recettes provient de taxes et d'impôts ?
Comment le consommateur peut-il utiliser cette information environnementale ?
Sera-t-il possible alors de contraindre le consommateur pour réduire ses consommations polluantes ?
Toutes questions, critiques (constructive bien sûr) ou suggestions à ce stade sont les bienvenues.

Liens

Un site complet pour tout savoir sur le chanement climatique : Manicore.com

Divers articles sur les outils à disposition des entreprises pour prendre en compte l'environnement : Dossier de la Jaune et la Rouge de septembre 2003

N'hésitez pas à proposer des références

Par Pierre - Publié dans : Réflexions générales
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Bonjour,
Le système de comptabilité dont vous parlez peut être mené via une méthodologie qui s'appelle en francais "Analyse du cycle de vie" qui traduit sous forme d'indicateur (réchauft climatique, eutrofication...etc) l'impact de processus quels qu'ils soient. Reportable sur des produits via allocation.
Philippe
Commentaire n°1 posté par Cabrol Philippe le 21/11/2005 à 13h22
Merci pour ce premier commentaire. Il me m'aidera pour poursuivre la rédaction de l'article afin d'être plus clair sur l'objectif du système proposé.
L'idée n'est pas ici de réinventer la comptabilité environnementale. Effectivement il existe de nombreux outils pour fournir des indicateurs sur les impacts de la production d'un produit. L'analyse du cycle de vie en est effectivement en est un très bon exemple.
Néanmoins ces outils ne permettent pas aujourd'hui, à ma connaissance, de fournir une information claire et succincte utilisable pour le consommateur. L'enjeu est à mon avis de trouver un moyen de les agréger de façon intelligente pour aboutir à une régulation environnementale.
Vous parlez d'allocation. Je suppose que cela signifie une forme de taxation, ou de paiment de droit à polluer, type Kyoto ? Si c'est le cas, mon objectif est justement de réfléchir les choses tout autrement à ce niveau : je ne crois pas que les système d'allocation préconisé par l'économie environnementale permette de répondre efficacement aux principaux enjeux environnementaux (notamment au changement climatique), en particulier ils ne seront jamais à la fois suffisants et tolérables politiquement.
La proposition est donc de les aggréger dans un indicateur spécifique qui n'est pas cumulable au prix mais qui pourra servir d'élément de décision complémentaire au prix pour le consommateur.
Réponse de Pierre le 21/11/2005 à 20h25
Je découvre juste ton blog et je n'ai hélas pas encore eu le temps de tout lire.
Mais je trouve la problématique que tu développes particulièrement intéressante pour travailler moi même sur des questions de gouvernance d'entreprise, de théorie de l'agence , de corporate finance et plus largement de théorie des organisations.
Je t'encourage vivement à poursuivre dans cette voie et espère pouvoir t'apporter quelques contributions même si à plein d'égards mon approche est sans doute par trop théorique et plus centrée sur l'économie que sur les sciences sociales en général.
Concernant les références, je n'avais pas vu le dossier de la jaune et la rouge sur les questions d'environnement, mais je vais chercher à me le procurer !

Je suis à ta disposition pour échanger des points de vue sur ces questions. En ce qui me concerne, j'ai plutôt cherché à partir des  questions du partage des richesses et de modes de gouvernance mondiale.

Sur la définition de la relation principale-agent, quelques références quoi que peut être trop théoriques :
- les grands anciens : Jensen, M.C., et W.H. Meckling [1976], “Theory of the Firm: Managerial Behavior, Agency Costs and Ownership structure”, Journal of Financial Economics, 3, 305-360.
-
Williamson, O.E. [1983], “Credible Commitments: Using Hostages to Support Exchange”, American Economic Review, 73, 519-40.
Mais la distinction peut être complexe entre les questions de gouvernance et d'agence.

Pour une définition de gouvernance que j'avais donnée en présentation d'un cours, si elle peut t'apporter quelques compléments (et même si elle est réduite à l'entreprise) :
"Les débats sur les mécanismes de gouvernement d’entreprise ont connu un regain d’intérêt
ces dernières années : scandales financiers impliquant le Crédit Lyonnais ou encore la
plupart des city banks japonaises dans les années 1990, déboires rencontrés par certaines
entreprises comme Enron aux Etats-Unis, ou France Télécom, Vivendi Universal et Rhodia
en France, ou encore la question des niveaux de rémunération et de distribution de « golden
parachutes » à certains dirigeants. Les exemples sont nombreux et soulèvent les questions
de l’exercice du contrôle et de la régulation des pouvoirs au sein de l’entreprise. Ces
questions portent, entre autres, sur les modes de contrôle des dirigeants dont disposent les
actionnaires et sur la capacité de ces derniers à mettre en place des mécanismes de
discipline.
Des problèmes surviennent dès lors que les propriétaires de l’entreprise (les actionnaires)
délèguent le contrôle sur l’utilisation des actifs à des dirigeants professionnels alors que :
• les actionnaires ne peuvent qu’imparfaitement observer les décisions prises par les
dirigeants : les dirigeants peuvent utiliser une partie des ressources de l’entreprise pour
satisfaire leurs propres intérêts (avantages en nature, rémunérations excessives…) ; les
dirigeants peuvent s’engager dans des projets de qualité médiocre, voire non viables,
sans en révéler la véritable qualité aux actionnaires…
• les intérêts entre les actionnaires et les dirigeants peuvent être divergents : les dirigeants
peuvent, par exemple, poursuivre des objectifs de croissance des parts de marchés plutôt
que de maximisation de la valeur de l’action.
Les dirigeants peuvent tirer profit d’un pouvoir de négociation supérieur au sein du Conseil
d’administration, ne pas révéler toutes les informations dont ils disposent sur la qualité de
l’entreprise ou la qualité des projets aux actionnaires, et ainsi réduire les gains attendus de la
détention d’actions.
Mais le débat sur les problèmes de gouvernance d’entreprise dépasse la seule approche
« shareholders » pour s’inscrire dans une problématique dite « stakeholders ». Celle-ci
replace l’entreprise dans son environnement et s’intéresse au partage des pouvoirs entre les différentes catégories d’agents “parties prenantes” de l’entreprise : les dirigeants et les
actionnaires, mais également les créanciers, les salariés, les clients, les fournisseurs…
Ainsi, des conflits surgissent à chaque fois qu’un agent (le principal) délègue une activité ou
prête une somme d’argent à un autre agent (l’agent) alors que :
• le revenu ou le bon remboursement du principal dépendent des agissements de l’agent
• le principal ne peut qu’imparfaitement observer les agissements de l’agent.
Par conséquent, le principal encourt un risque de dommages lié à une erreur de sélection de
l’agent ou à des comportements opportunistes de ce dernier.
L’objectif de ce cours est de mettre l’accent sur la répartition des pouvoirs et sur les
conséquences des imperfections d’informations sur les conflits qui peuvent survenir dans
l’environnement de l’entreprise. Ce module vise à investir les multiples dimensions des
débats actuels sur les questions de gouvernance d’entreprise en se situant à la jonction de
trois champs disciplinaires : la finance d’entreprise, la théorie des organisations et la théorie
managériale. Il a pour but de fournir aux étudiants les outils de compréhension des enjeux
de pouvoir, de contrôle et d’incitation au sein de l’entreprise en répondant à quatre grandes
questions selon les catégories d’agents étudiées :
a/ Quels sont les mécanismes de contrôle et de discipline des dirigeants à la disposition des
actionnaires ? Quelles sont les capacités de ces derniers à faire respecter leurs intérêts
au sein du Conseil d’administration, ou à mobiliser une majorité de voix au sein de
l’Assemblée générale pour démettre une équipe dirigeante déviante ? Quelles sont les
législations mises en place par les pouvoirs publics et les autorités de contrôle des
marchés financiers pour obliger les dirigeants à révéler leur information privée ? La
réponse à ces questions nécessite de distinguer :
• les entreprises selon leur structure capitalistique : les mécanismes de contrôle des
dirigeants sont différents selon la concentration de l’actionnariat. Il semble par exemple
difficile qu’une majorité d’actionnaires se mette d’accord dans une situation
d’actionnariat dilué entre un grand nombre de petits actionnaires, conférant un fort
pourvoir aux dirigeants en place.
• le type d’actionnaires : les mécanismes de contrôle sont différents selon que
l’actionnaire est un investisseur institutionnel ou non. On peut supposer qu’un
investisseur institutionnel est plus disposé à dépenser des coûts d’information sur
l’entreprise, mais peut en retour exiger un certain rendement.
• les entreprises selon le niveau de développement et d’organisation des marchés
financiers du pays dans lequel elles s’insèrent : on distingue traditionnellement les
modes de gouvernances anglo-saxons dans lesquels les dirigeants sont disciplinés par
les mécanismes de marchés, des modes de gouvernance japonais et allemands, avec
un rôle actif des banques.
b/ Le conflit entre créanciers (dont les institutions financières) et dirigeants est-il
nécessairement de même nature que celui entre actionnaires et dirigeants ? La réponse à
cette question nécessite d’aborder le problème sous deux angles :
• du rôle des banques dans la discipline des dirigeants : cette approche vient compléter la
réponse à la première question. Elle conçoit le rôle des institutions financières à travers
leurs activités de surveillances : représentation au sein des Conseils d’administration ;
bon remboursement des échéances de prêts ; intérêts de ces institutions financières
selon leurs activités (banques commerciales, banques d’affaires, sociétés
d’investissement, gestionnaires de portefeuilles, assurances, fonds de pension)
• de la structure financière des entreprises et de leurs contraintes financières : il s’agit ici
de s’interroger sur les contraintes d’accès aux fonds (crédits bancaires, obligataires)
selon les entreprises et d’apporter des explications à leurs modes de financement
(hiérarchie des modes de financement, signalisation, réputation).
c/ Quels sont les mécanismes de contrôle et d’incitation mis en place par les dirigeants face
aux conflits entre salariés et dirigeants ? Comment sélectionner les nouveaux salariés ?
Comment les inciter à fournir un effort important ? La réponse à ces questions nécessite
de regarder le rôle joué par les départements de ressources humaines et leur efficacité
Page 4
selon les modes d’organisation de la production (distinction entre système fordiste et
système toyotiste).
d/ Quelles sont les conséquences du conflit entre clients et fournisseurs sur les
comportements d’intégration verticale ? La réponse à cette question nécessite d’aborder
les problèmes d’imperfection informationnelle sous l’angle des coûts de transaction. La
question de faire ou faire-faire est liée à ce type de problématique. Les contours de
l’entreprise (recours au marché, intégration, partenariats à long terme ou filialisation) sont
envisagés en fonction des risques de comportement opportuniste des partenaires et de
l’importance des actifs spécifiques à la relation.
Ce module a pour objectif final d’apporter les outils les plus récents de compréhension sur
les questions de gouvernance d’entreprise. De plus, il vise à fournir le matériel nécessaire à
la rédaction, par équipe de deux ou trois étudiants, d’une note technique sur des sujets en
lien direct avec la matière :
• les réglementations sur les obligations de divulgation d’information aux actionnaires et
aux obligataires,
• les réglementations sur la protection des petits porteurs,
• les réglementations sur le fonctionnement des Conseils d’administration, les Conseils de
surveillance, les directoires et les Assemblées générales d’actionnaires dans différents
pays (France, Allemagne, Japon, Grande-Bretagne, Etats-Unis),
• les propositions des rapports Bouton et Viénot,
• les réglementations du travail et la représentation des salariés dans différents pays.

PS : désolé pour la différence de taille de police, je ne suis pas très doué !
Commentaire n°2 posté par Robert le 05/01/2006 à 19h03

Je vois que je suis tombée sur le blog hyper intello que j'ai mal à la tête rien que de le regarder ! Evidemment, pour moi, gouvernance ça me fait immédiatement penser à Raffarin ! C déjà un bon répulsif.


A part ça, je viens sur votre blog pour vous signaler que vous avez un lien qui fait partie des freemen et qui fait l'apologie de marques appartenant à des multinationales (Nike, Blédina, Peugeot, etc...). "Comm'on" pour ne pas le citer. Je fais moi-même partie des free(wo)men depuis peu et j'ai effacé ce blog de ma liste. Je compte effacer également tous les blogs qui le garderont dans leur liste. Puisque nous sommes libres, profitons-en !


 

Commentaire n°3 posté par Grenouille de Bénitier le 12/01/2006 à 13h16
Je trouve personnellement très dommageable d'assimiler gouvernance et Rafarin ! Cet ex premier ministre, roi des slogans à deux francs six sous, a largement utilisé le terme pour tout et n'importe quoi. Ce n'est pas parce qu'une personne s'est approprié un terme et en a changé le sens qu'il faut lui laisser
Il est justement intéressant de réfléchir sur ces problématiques de gouvernance (mondiale) et de donner un contenu collectif aux questions qui émergent dans le cadre d'un programme de recherche nouveau. C’est pour ça pour ma part que je trouve la démarche de ce blog particulièrement intéressante. Et les démarches intellectuelles c’est pas beurk !!!!

Par ailleurs, je croyais que la question des référencements avait été débattue hier chère Grenouille !
Commentaire n°4 posté par Robert le 12/01/2006 à 18h45
Bien vu ce blog ! Continue ainsi ! :)



Sonnerie Gratuite
Commentaire n°5 posté par Mimi le 25/03/2006 à 17h27
Salut j'ai bien aimer tes articles



euromillion resultat euro million resultat euromillions
Commentaire n°6 posté par sisi le 31/03/2006 à 03h32
Tu es le premier bavard que j'ai lu jusqu'au bout.tu coules de source claire.
Je n'est pas les moyens pour t'apporter un quelconque appui,mais si je puis te soutenir...
Commentaire n°7 posté par patrick hubert le 09/03/2007 à 17h55
Conférence internationale "démocratie, gouvernance européenne et sciences sociales"

www.think-and-act.eu


Commentaire n°8 posté par editions de le 16/11/2006 à 15h48
Nous sommes une entreprise prestataire en sous traitance de la comptabilité. Confiez-nous votre comptabilité, elle sera en de bonnes mains. Visitez notre site et contactez le Directeur pour plus d'informations. Pour la sous traitance de votre comptabilité, pensez E COMPTA PRO.
Commentaire n°9 posté par sous traitance le 01/02/2011 à 08h57
Merci pour cet article très intéressant.
Commentaire n°10 posté par femmes russes le 08/07/2011 à 18h37

Recherche

W3C

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus